Leïla Slimani: sa plume, son épée.

Lauréate du prix Goncourt en 2016, représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la francophonie, Leïla Slimani fascine par sa témérité et son audace.


Lauréate du prix Goncourt en 2016, représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la francophonie, Leïla Slimani fascine par sa témérité et son audace.

Elle naît en 1981 à Rabat, et après avoir passé son enfance et son adolescence au Maroc, elle part poursuivre ses études en France. Après une  carrière de journaliste, elle décide de se consacrer à l’écriture.

Addiction sexuelle, infanticide et témoignages sur les misères sexuelles au Maroc, sont les thèmes de ses trois romans. Elle y aborde avec assurance, et sans crainte des sujets considérés tabous par la société (relations sexuelles, surmenage et anxiété causés par la maternité etc. ).

Souvent critiquée par ses choix d’écriture à propos de sujets controversés, ses livres sont très appréciés, et quelle meilleure reconnaissance que le prix Goncourt qui lui a été décerné en 2016 pour son deuxième  roman “Chanson Douce”. A 35 ans, elle est devenue la 12ème femme en 113 ans à recevoir ce prix, au grand dam des frères Goncourt, misogynes reconnus. L’un des frères Goncourt disait  “Si une femme a du génie, c’est qu’elle est un homme”.

Féministe autoproclamée, l’auteure n’a pas peur de se revendiquer en tant que telle, considérant que les gens ont trop souvent peur d’utiliser ce mot, comme s’il s’agissait d’une vilaine affection. Comment ne pas se considérer féministe, si l’on sait que par le simple fait d’être femme, on devient de potentielles victimes de violence, d’agression et de harcèlement sexuel?

Suite à la campagne #MeToo, Leïla Slimani répond à la tribune des 100 femmes publiée dans Le Monde, par son article “Un porc, tu nais?” dont voici quelques extraits:

“Marcher dans la rue. Prendre le métro le soir. Mettre une minijupe, un décolleté et de hauts talons. Danser seule au milieu de la piste. Me maquiller comme un camion volé. Prendre un taxi en étant un peu ivre. M’allonger dans l’herbe à moitié dénudée. Faire du stop. Monter dans un Noctambus. Voyager seule. Boire seule un verre en terrasse. Courir sur un chemin désert. Attendre sur un banc. Draguer un homme, changer d’avis et passer mon chemin. Me fondre dans la foule du RER. Travailler la nuit. Allaiter mon enfant en public. Réclamer une augmentation. Dans ces moments de la vie, quotidiens et banals, je réclame le droit de ne pas être importunée. Le droit de ne même pas y penser. Je revendique ma liberté à ce qu’on ne commente pas mon attitude, mes vêtements, ma démarche, la forme de mes fesses, la taille de mes seins. Je revendique mon droit à la tranquillité, à la solitude, le droit de m’avancer sans avoir peur. Je ne veux pas seulement d’une liberté intérieure. Je veux la liberté de vivre dehors, à l’air libre, dans un monde qui est aussi un peu à moi.”

“Je ne suis pas une petite chose fragile. Je ne réclame pas d’être protégée mais de faire valoir mes droits à la sécurité et au respect. Et les hommes ne sont pas, loin s’en faut, tous des porcs. Combien sont-ils, ces dernières semaines, à m’avoir éblouie, étonnée, ravie, par leur capacité à comprendre ce qui est en train de se jouer ? A m’avoir bouleversée par leur volonté de ne plus être complice, de changer le monde, de se libérer, eux aussi, de ces comportements ? Car au fond se cache, derrière cette soi-disant liberté d’importuner, une vision terriblement déterministe du masculin : «un porc, tu nais». “

Je vous invite à lire l’intégralité de l’article : http://www.liberation.fr/france/2018/01/12/un-porc-tu-nais_1621913 , et à écouter cette interview de Leïla Slimani, pour en connaître plus à propos de son oeuvre, et de son engagement auprès des femmes. 

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